Percy Cayetano Acuña Vigil

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Guerra en Siria: GUERRA EN SIRIA Las milicias antiyihadistas anuncian la reconquista de Raqa, bastión del ISIS en Siria

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Quel est le rôle du congrès du Parti communiste chinois ?

Organisé tous les cinq ans, il permet de renouveler ses instances dirigeantes. Le XIXe congrès s’ouvre mercredi avec, à la clé, la désignation de Xi Jinping pour un deuxième mandat.

LE MONDE | 18.10.2017 à 06h58 • Mis à jour le 18.10.2017 à 10h49 | Par Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)Paer (142)Tweeter

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A Shanghaï, le 26 septembre, un portrait du secrétaire général du Parti communiste chinois Xi Jinping, entouré de ceux de Mao et de Lei Feng, soldat modèle mis en avant par la propagande du régime.

Le XIXe congrès du Parti communiste chinois (PCC), qui s’ouvre à Pékin, mercredi 18 octobre, pour une semaine au Palais du peuple, place Tiananmen, en plein cœur de la capitale, est le grand rendez-vous de la vie politique du pays. Il a pour mission de renouveler les instances dirigeantes du parti unique qui gouverne la Chine, en l’occurrence le comité central du parti (205 membres), puis son nouveau bureau politique (25 membres) et son comité permanent (7 membres).

Si l’actuel secrétaire général et président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, doit être reconduit pour un second mandat à la tête du parti, comme il est d’usage, la composition de la nouvelle direction sera scrutée à la loupe dans ce qu’elle dit de la consolidation de son pouvoir et des plans de succession. Les amendements attendus à la charte du parti renseigneront, eux, sur le choix de l’apport idéologique de Xi Jinping à l’édification du socialisme à caractéristiques chinoises.

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Le XIXe congrès du Parti communiste chinois (PCC), qui s’ouvre à Pékin, mercredi 18 octobre, pour une semaine au Palais du peuple, place Tiananmen, en plein cœur de la capitale, est le grand rendez-vous de la vie politique du pays. Il a pour mission de renouveler les instances dirigeantes du parti unique qui gouverne la Chine, en l’occurrence le comité central du parti (205 membres), puis son nouveau bureau politique (25 membres) et son comité permanent (7 membres).
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Si l’actuel secrétaire général et président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, doit être reconduit pour un second mandat à la tête du parti, comme il est d’usage, la composition de la nouvelle direction sera scrutée à la loupe dans ce qu’elle dit de la consolidation de son pouvoir et des plans de succession. Les amendements attendus à la charte du parti renseigneront, eux, sur le choix de l’apport idéologique de Xi Jinping à l’édification du socialisme à caractéristiques chinoises.
Ce vaste processus cyclique de désignation des équipes dirigeantes permet un renouvellement générationnel important au sein des instances collégiales du parti, qui est sans doute l’une des forces du système autoritaire chinois. Selon le politologue sino-américain Cheng Li, les membres de la sixième génération (Xi Jinping incarne la cinquième) formeront sans doute la majorité du comité central issu du XIXe congrès, contre à peine 18 % pour le comité central sortant.
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Comment se déroule le congrès ?
Le XIXe congrès s’ouvrira sur le rapport d’activité du comité central sortant. Lu par Xi Jinping et rédigé sous son autorité, il reflète de manière très formatée et consensuelle les grandes étapes du mandat écoulé. Le parti procédera ensuite au renouvellement de ses instances dirigeantes. 2 280 délégués issus d’une quarantaine de circonscriptions électorales (les provinces, mais aussi l’armée, la police ou encore les sociétés d’Etat) « éliront » les 205 membres du comité central et leurs 171 suppléants. L’élimination d’environ 10 % des candidats et la publication du nombre de voix rassemblées par les membres suppléants sont la seule indication du degré d’impopularité de certains candidats. Il faut savoir que lors de son entrée au comité central comme membre suppléant lors du XVe congrès, en 1997, Xi Jinping arriva… en dernier sur la liste.
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Pour le reste, c’est la sélection par le haut qui prime : « On n’a jamais vu un futur secrétaire provincial, ministre ou, a fortiori, membre potentiel du bureau politique, même impopulaire parmi les délégués, ne pas être élu dans un premier temps au comité central et encore moins parmi la longue liste des délégués au Congrès », écrit Jean-Pierre Cabestan dans son ouvrage de référence sur le système politique chinois (Le Nouvel Equilibre autoritaire, Presses de Sciences Po, 2014).
Lors de son premier plénum, le nouveau comité central issu du XIXe congrès désignera le bureau politique et, surtout, l’instance suprême de direction du parti, le comité permanent. Là encore, pas de vote : les listes sont préparées en haut lieu, selon les règles non écrites d’ancienneté et à la suite d’obscures négociations et jeux d’équilibre entre les différentes forces en présence. Le comité central désigne également la commission disciplinaire centrale du parti, qui a pris une très grande importance sous Xi Jinping puisqu’elle mène la lutte contre la corruption, ainsi que la commission militaire centrale, dont le format pourrait être remanié
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Quels en sont les enjeux ?
Le principal enjeu est finalement la « stabilité » de la transition politique — c’est-à-dire son inscription dans un ensemble de règles formelles et informelles qui évitent les coups de force imprévus et les manœuvres souterraines à l’approche d’une succession. Cette année, de nombreux sièges sont à pourvoir en raison de départs à la retraite ou de purges : 5 sur 7 au comité permanent ; 12 sur 25 au bureau politique ; 5 sur 11 à la commission militaire centrale — sans compter de nombreux sièges du comité central. C’est bien sûr la composition du comité permanent, annoncé lors du premier plénum du nouveau congrès, le lendemain de sa clôture, le 25 octobre, qui importe le plus.
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Dans son étude des quatre congrès précédents, la sinologue américaine Alice Miller a relevé la prévalence de trois règles pour la sélection des futurs membres du comité permanent : la limite d’âge (68 ans pour les entrants) ; le passage préalable par le bureau politique, sauf éventuellement pour les deux successeurs désignés du président et du premier ministre ; et, enfin, l’ancienneté. Ce modèle lui permet de projeter un assortiment réduit d’élus potentiels. Le respect ou non de ces règles par Xi Jinping, qui a bousculé certains usages établis du parti et reconcentré le pouvoir dans ses mains, est l’objet de débats féroces chez les observateurs de la politique chinoise.
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Xi Jinping va-t-il dynamiter les règles ?
Xi Jinping a d’ores et déjà remis en question le duo d’hommes politiques appartenant à la sixième génération et programmé pour lui succéder ainsi qu’au premier ministre : l’un d’entre eux, Sun Zhengcai, ex-secrétaire du parti de Chongqing et plus jeune membre du bureau politique, a été arrêté pour corruption et expulsé du parti il y a quelques semaines ; le second, Hu Chunhua, actuel secrétaire du parti du Guangdong, est toujours en lice. Il pourrait être rejoint au Comité permanent par Chen Min’er, un proche de M. Xi justement placé à la tête de Chongqing en remplacement de M. Sun. M. Chen, dans ce cas, passerait directement au comité permanent sans passer par le bureau politique, comme le fit Xi Jinping en 2007.
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Les trois autres sièges iraient par ordre d’ancienneté à des membres actuels du bureau politique de la cinquième génération. On y trouverait des proches alliés de Xi Jinping, comme Li Zhanshu ou Zhao Leji, mais aussi des représentants de la seule faction rivale d’importance, celle qui rassemble les cadres ayant fait leurs premières armes, comme l’actuel premier ministre, Li Keqiang, au sein de la Ligue de la jeunesse (à l’instar par exemple de Wang Yang). Celle-ci a toutefois été sciemment affaiblie par Xi Jinping. Son premier secrétaire, Qin Yizhi, a récemment été démis de ses fonctions. Tout indique que Xi Jinping va faire monter sa faction, connue sous le nom d’« armée du Zhijiang », dans les provinces et les grandes institutions.
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Que va devenir Wang Qishan, chargé de la lutte anticorruption ?
Le style de gouvernement de Xi Jinping a amené les observateurs de la politique chinoise à se dire qu’il était l’homme d’une certaine rupture : va-t-il remodeler la direction du parti ou rester pour un troisième mandat ? Le sort de l’actuel chef de la redoutable commission centrale de discipline du parti, le bras anticorruption, nourrit les spéculations. M. Wang, 69 ans et membre de l’actuel comité permanent, est censé prendre sa retraite, puisque l’usage veut qu’on n’y entre plus au-delà de 68 ans. Or, Xi Jinping pourrait souhaiter garder à ses côtés cet allié extrêmement précieux et efficace. Et en passant outre la règle de la « retraite », créer un précédent pour rester lui-même au pouvoir après le XXe congrès, en 2022.
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Sur ce point comme sur d’autres, pour le journaliste chinois Wang Xiangwei, qui distille des tribunes très informées dans le South China Morning Post de Hongkong, les changements « pourraient être beaucoup moins spectaculaires que beaucoup ne le pensent ». M. Xi « sera préoccupé en toute probabilité de maintenir la continuité politique et la stabilité au moment de considérer des candidats aux postes suprêmes ». Wang Xiangwei présage pour Wang Qishan un rôle à la tête « d’un ou deux groupes dirigeants » mis en place par M. Xi pour imposer ses décisions aux instances existantes du parti et du gouvernement dans les domaines économiques, militaires, mais aussi de sécurité.
 
 

Las milicias antiyihadistas anuncian la reconquista de Raqa, bastión del ISIS en Siria

La alianza apoyada por EE UU asegura que se ha hecho con el control del 100% de la ciudad

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Las Fuerzas Sirias Democráticas colocan su bandera este martes. BULENT KILIC (AFP) | VÍDEO: ATLAS

Las Fuerzas Sirias Democráticas (FSD), una coalición antiyihadista liderada por milicias kurdas y apoyada por Estados Unidos, han anunciado que se han hecho con el control de buena parte de la ciudad de Raqa, bastión de los yihadistas en el noreste de Siria. “Hemos tomado el 100% de la ciudad de Raqa pero nuestros hombres están realizando las últimas operaciones de limpieza de desminado y localizando a posibles terroristas escondidos”, afirma por teléfono Talal Silo, portavoz de las FSD.

 

Tras cuatro meses de duros combates, la coalición ha logrado despojar este martes al autodenominado Estado Islámico (ISIS, por sus siglas en inglés) de la que desde 2014 fuera su capital de facto en Siria. Las negociaciones tripartitas mantenidas entre los líderes tribales de la ciudad, las FSD y un grupo de unos 400 yihadistas que todavía permanecían en la ciudad han permitido alcanzar un acuerdo para su rendición. Y ello, con el fin de prevenir más muertes entre los 4.000 civiles que se estima el ISIS mantenía como escudos humanos.

Las FSD lograron hacerse en la mañana de este martes con el hospital de la ciudad mientras que el ISIS lanzaba sus últimos ataques en el estadio, último punto de la ciudad que tenían bajo su poder. “Unos 32 terroristas han muerto y el resto se han rendido en el estadio”, asegura Silo, sin detallar el número de los que se han entregado. Los yihadistas han resistido al cerco impuesto durante los últimos 20 días en un territorio de 2 kilómetros cuadrados. El Pentágono ha asegurado este martes que calcula que un centenar de yihadistas permanecen dentro de la ciudad.

“Han sido días intensos de negociaciones con el ISIS porque llegados a este punto podían morir muchos civiles”, dice vía Whastapp y desde Raqa el miliciano kurdo Raman S., de las Unidades de Protección del Pueblo (YPG, por sus siglas en kurdo). “Aunque tienen muchos heridos, acabar con ellos nos hubiera arrastrado a una larga guerra entre callejas debido tanto al reguero de explosivos que han dejado como a la eficacia de sus francotiradores”, asevera. El lunes, impactantes imágenes de un centenar de civiles que, desesperados y entre lágrimas, lograban escapar del ISIS recorrieron las redes sociales.

Un hombre herido en una camilla huye de Raqa este martes.

Un hombre herido en una camilla huye de Raqa este martes. RODI SAID REUTERS

 

Las milicias antiyihadistas anuncian la reconquista de Raqa, bastión del ISIS en Siria

 

Desde que el pasado 6 de junio comenzara la fase final de la operación Ira del Éufrates, destinada a expulsar al ISIS de la ciudad, han muerto 1.873 civiles, según el recuento que hacen los activistas de la llamada 'Raqa está Siendo Masacrada Silenciosamente'– que cuenta con una docena de informantes sobre el terreno. Otros 250.000 vecinos se han visto obligado a abandonar sus casas por los virulentos combates y bombardeos hacia zonas más seguras en el norte y noroeste del país, según datos de la ONU. El Observatorio Sirio para los Derechos Humanos estima que el 80% de la ciudad ha sido destruida bajo el intercambio del fuego de artillería y los ataques de los cazas de la coalición internacional.

Con esta derrota, el ISIS pierde toda presencia al norte del Éufrates tras haber sido expulsado esta semana por el Ejército regular sirio de su bastión en AlMayadin, localidad situada en el sureste del país y región donde los servicios de inteligencia internacionales creen que se oculta parte de la cúpula del ISIS junto a su líder Abubaker al Bagdadi. Ha sido la mediación de los ancianos de Raqa, preocupados por la suerte de los civiles, la que ha forzado una salida negociada. Al menos 275 yihadistas sirios y familiares de éstos fueron evacuados durante el fin de semana hacia un paradero desconocido.

La coalición internacional ha mostrado su descontento ante ese acuerdo, oponiéndose en particular a toda salida de los yihadistas extranjeros. “No apoyamos ningún acuerdo que permita a los terroristas del ISIS escapar de Raqa sin enfrentarse a la justicia para reaparecer más tarde en otro sitio”, ha declarado el General de Brigada Jonathan Braga, jefe de operaciones de la Coalición.

Se calcula que al menos 5.500 combatientes occidentales, entre ellos unos 200 españoles, ingresaron las filas del ISIS desde 2014. Ubicarlos es uno de los objetivos de los más de un millar de fuerzas especiales francesas, británicas y norteamericanas desplegadas en el norte de Siria. “Están decididos a acabar con todo yihadista extranjero aquí antes de que regresen a atentar en sus países de origen”, dice bajo el seudónimo de Abu Samra un combatiente insurrecto apostado en el norte del país. También asegura que varias familias de yihadistas extranjeros han sido evacuados de Raqa en las últimas semanas a través de Turquía.

Conforme el pseudo califato del ISIS se desmorona vertiginosamente en Siria, el frente en este del país queda dividido por la línea que marca el Éufrates. Al norte se encuentran las FSD con el respaldo de las aviaciones de la Coalición. Al sur están apostadas las tropas regulares sirias y sus aliados bajo el amparo de los cazas rusos en su empeño por expulsar al ISIS del desierto y de Deir Ezzor. Al tiempo que el Gobierno de Damasco acumula victorias y el frente insurrecto pierde terreno y cohesión, se teme que los dos bloques, liderados por EE UU y Rusia respectivamente, choquen en el Éufrates.

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https://elpais.com/internacional/2017/10/17/actualidad/1508233683_941004...

Chute de Rakka : « L’EI n’est plus en mesure d’exercer une gouvernance »

Au cours d’un chat, les journalistes au « Monde » Allan Kaval et Madjid Zerrouky ont évoqué les conséquences de la défaite des djihadistes dans leur fief de Syrie.

LE MONDE | 17.10.2017 à 16h36 • Mis à jour le 18.10.2017 à 06h

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Une combattante des Forces démocratiques syriennes à Rakka, le 17 octobre.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont annoncé, mardi 17 octobre, avoir « totalement » repris la ville de Rakka à l’organisation Etat islamique (EI). Journalistes au Monde, Madjid Zerrouky et Allan Kaval ont décrypté, dans un tchat avec les internautes, ce nouveau revers de taille pour l’EI, contraint de céder ces derniers mois de larges parties de territoire, notamment Mossoul, son bastion en Irak.

Ha Ka : La ville de Rakka est dite libérée, mais qu’en reste-t-il ?

Madjid Zerrouky : C’est malheureusement, selon les FDS elles-mêmes, un champ de ruines. La majeure partie de la cité serait inhabitable, ce qui rend difficile le retour des habitants. Les frappes aériennes, les tirs d’artillerie et les combats de rue ont été intenses. Il y a eu plus de 3 000 frappes aériennes depuis juin. En août, Jan Egeland, le chef du groupe de travail humanitaire des Nations unies (ONU) pour la Syrie, a eu cette phrase : « Je ne peux pas imaginer un pire endroit sur Terre »…

Emi : Des forces occidentales ont-elles pris part à cette bataille ?

M. Z. : Oui. Dans les airs bien sûr, où elles ont fourni l’appui aérien. Elles ont aussi formé des « contrôleurs » au sol chez les FDS – des combattants chargés de fournir les coordonnées de tir aux avions en temps réel à partir de tablettes numériques.

Mais aussi au sol : forces spéciales qui ont pris part aux combats – un soldat français y est mort fin septembre –, « services action » des services de renseignement de plusieurs pays pour la recherche de cibles ou de djihadistes, ou encore une batterie d’artillerie de Marines américains engagée quotidiennement. Sans parler de l’équipement des FDS, notamment en blindés légers, mortiers, matériel de premiers secours…

 
Pierre : Quelle est la ville de repli pour l’EI, après Rakka ?
M. Z. : Il ne reste à l’EI que peu de zones « urbaines ». Dès février, anticipant une future bataille à Rakka, le groupe avait déplacé une partie de ses centres de commandement dans la vallée de l’Euphrate, au sud-est de la capitale provinciale syrienne de Deir ez-Zor. Et notamment dans la ville d’Al-Mayadin. Cette dernière est actuellement attaquée par les forces syriennes. Il reste à l’EI le contrôle d’une bande de 100 à 150 kilomètres le long du fleuve, avec une dizaine de localités susceptibles de servir de bases de repli, jusqu’à la ville irakienne d’Al-Qaim, où elle pourrait avoir replié ses QG.
Carpe Diem : La chute de Rakka permet-elle d’envisager la fin rapide de l’EI ?
Allan Kaval : Le territoire de l’EI s’est considérablement réduit au cours de l’année avec la perte de Mossoul et maintenant de Rakka. L’EI n’est plus en mesure d’exercer une gouvernance même si elle contrôle quelques zones désertiques à la frontière syro-irakienne.
Geoffrey : Que sont devenus les djihadistes étrangers ? Au vu du risque qu’ils représentent, que peuvent faire les gouvernements pour empêcher leur retour en Europe ?
M. Z. : C’est la grande question. Les FDS estimaient il y a quelques jours à 200 ou 300 le nombre d’étrangers encore présents dans Rakka, sans que l’on sache leur nombre par nationalité. A notre connaissance, au niveau européen, il restait des Britanniques, qui ont donné signe de vie ces dernières semaines.
Pour d’éventuels Français, mystère. L’Observatoire syrien des droits de l’homme a affirmé qu’Abdelillah Himich, dit Abou Souleiman Al-Faransi (« le Français »), un ancien légionnaire originaire de Lunel (Hérault) que les Américains désignaient en 2016 comme l’organisateur des attentats de Paris de 2015, était à Rakka. Sans plus de précisions.
Un cheikh tribal qui a participé aux négociations de sortie des membres de l’EI ces derniers jours a par contre affirmé au Monde que des étrangers s’étaient rendus aux FDS, mais il n’était pas en mesure de préciser leur nationalité.
La France et les Etats-Unis affirmaient presque ouvertement ces dernières semaines que la meilleure façon d’empêcher les djihadistes étrangers de rentrer est de les éliminer… Tout en souhaitant qu’ils rendent des comptes devant la justice. Côté Irak, des dizaines d’étrangers capturés seront traduits devant la justice du pays où ils peuvent encourir la peine de mort.
 
Djaydjay : Que vont devenir les survivants de l’EI ?
M. Z. et A. K. : Cela dépend de qui a fait quoi et de l’appréciation des vainqueurs. En juin, le Conseil civil de Rakka, une structure mise en place par l’encadrement politique des FDS et vouée à assurer la gouvernance de la ville après la libération, avait pardonné publiquement à 83 membres syriens de l’EI, une mesure alors saluée par Brett McGurk, l’émissaire de la Maison Blanche pour la lutte contre l’EI, lors d’une visite dans la région de Rakka.
Ce type d’amnistie, qui a pu se reproduire depuis, est facilité par les alliés des FDS au sein des tribus arabes de la région. Naturellement, cela exclut a priori les djihadistes étrangers.
Bézoard : Comment la gouvernance de Rakka sera-t-elle organisée ?
A. K. : Le Conseil civil chargé d’administrer Rakka après sa libération est composé de notables cooptés par l’encadrement politique kurde. Parmi eux, on trouve une forte proportion de chefs tribaux de la région.
Le facteur tribal est utilisé par l’encadrement kurde pour mettre en place une forme de « commandement indirect », qui rend sa domination acceptable dans des zones arabes. Une coopération avec le régime syrien sur les infrastructures publiques et la fourniture de certains services n’est pas exclue par l’encadrement politique kurde.
Ganon : La menace de l’EI s’éclipsant, les pays occidentaux vont sûrement quitter la région. Qu’est-ce qui pourra empêcher maintenant une guerre menée par les Kurdes d’Irak et de Syrie pour leur indépendance ?
A. K. : Les forces kurdes syriennes qui dominent les FDS victorieuses à Rakka ne revendiquent pas l’indépendance d’un « Kurdistan syrien ». Elles contrôlent avec leurs alliés locaux un territoire majoritairement arabe. En revanche, leur encadrement politique souhaite un changement constitutionnel en Syrie qui permettrait d’évoluer vers une solution de type fédéral où l’autonomie des territoires qu’elles contrôlent serait reconnue.
En Irak, les forces relevant du gouvernement de Bagdad se sont emparées, lundi 16 octobre, de la ville majoritairement kurde de Kirkouk, sans rencontrer de résistance sérieuse de la part des forces kurdes. Les peshmergas et les services de sécurité du Kurdistan se sont également retirés sans heurts de plusieurs territoires revendiqués par Bagdad. Divisés, les Kurdes irakiens ne semblent nullement en mesure de s’opposer militairement au retour en force du gouvernement central dans le nord du pays.
Lucas : Quels seront les nouveaux objectifs des FDS ?
A. K. : Les FDS sont présentes dans la région de Deir ez-Zor où demeure une poche de résistance de l’EI entre les zones contrôlées par le régime syrien et leurs positions. Pour les FDS et surtout pour leur encadrement politique, les enjeux sont désormais de nature politique et diplomatique : leur relation avec le régime de Damas et l’avenir de leur relation privilégiée avec les Etats qui mènent la coalition contre l’EI.
Dans le nord-ouest du pays, les FDS contrôlent également l’enclave majoritairement kurde d’Afrin, frontalière de la Turquie. Ankara émet régulièrement des menaces contre ce maillon faible du territoire tenu par les FDS, celles-ci étant liées au Parti des travailleurs du Kurdistan que la Turquie combat sur son propre sol.
De manière générale, les FDS et leur encadrement politique vont devoir obtenir de la part de leurs partenaires des garanties suffisantes face aux menaces turques et aux ambitions de retour en force du régime syrien dans le nord du pays, maintenant que les forces kurdes et leurs alliés sont moins indispensables à la coalition internationale contre l’EI.

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